بسم الله الرحمن الرحيم
Au nom d'Allah le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,
L'apparition du Shaykh Abû Yahyâ coïncide avec mon réveil face aux réalités de notre communauté. Ma sortie de la somnolence prétendue salafi sectaire. Je (re)découvrais l'Islam réellement dans sa plus grande profondeur et pratique. C'était en 2005.
Une vidéo apparaissait à cette époque (Juillet 2005), sur le forum - bien connu - al-Mourabitoune, nous apprenant l'évasion de 4 prisonniers mujâhidun depuis la prison tyrannique de Bagram en Afghanistan.
Évasion très médiatisée où nos frères - qu'Allah leur fasse miséricorde - nous contaient leur fuite, leurs stratagèmes et leur arrivée, en toute sécurité, auprès des mujâhidîn. Déjà un homme faisait la différence. Un mujâhid s'exprimait d'une manière bien plus éloquente que les autres. Il sortait du lot. C'était le Shaykh Abû Yahyâ Al-libî.
Ce frère resta dans ma mémoire et entra dans mon cœur directement. Suite à cette fameuse vidéo, le shaykh enchaîna les écrits, les livres, les vidéos, les poèmes, les exhortations...Chaque sortie vidéo d'Abû Yahyâ était un présent inestimable à mes yeux.
Une éloquence exaltante qui coulait comme du miel dans mes entrailles. Un message direct, pur, scientifique avec des arguments imparables dans chaque sujet abordé. Des sagesses et exhortations spirituelles, contextuelles, théologiques et militantes qui ravivaient nos âmes et raffermissaient nos pas sur le chemin difficile sur lequel nous nous sommes engagés.
Début 2006, j'inondais mon disque dur des vidéos du Lion de Libye pour ne pas perdre une seule goutte de ses rappels durant mon périple égyptien. Avec mes colocataires, au Caire, nous restions des heures à regarder ses vidéos en espérant, un jour, pouvoir lancer des vers semblables aux siens.
Cet homme garda et garde toujours une place particulière dans mon cœur. Je l'aimais profondément pour Allah. D'autant plus que lorsque j'entreprenais mon voyage en Mauritanie, je sus que le Shaykh y avait longtemps séjourné.
Lorsque je m'installais quelques temps dans le village Umm al-Qura en périphérie de Nouakchott, je sus que le Shaykh y avait étudié longtemps sous la direction du Shaykh défunt Muhammad Sâlim - Qu'Allah lui fasse miséricorde -. Ces informations ne faisaient que grandir l'amour que je portais pour le mujâhid Abû Yahyâ.
Le Shaykh avait épousé une mauritanienne, tous ses enfants sont issus de cette union. Sa famille vivait encore dans la capitale durant mon séjour (avant de pouvoir émigrer en Libye durant la révolution). Abû Yahyâ a toujours démontré publiquement son attachement pour ce pays et ses savants.
Lors du décès du directeur du village d'Umm al-Qura, le grand savant Muhammad Sâlim, le shaykh al-Libî n'hésita pas à publier un long message d'hommage pour l'un de ses mentors dans la science.
Lors des premiers dérapages du Shaykh Muhammad al-Dadow, il fut encore le premier à lui répondre afin de le conseiller avec sagesse sans déconsidérer son rang et de répondre à certaines des ambiguïtés que Dadow commençait à répandre.
On peut dire, en vérité, que mon amour pour la Mauritanie est dû, en partie, au long passage du Shaykh al-Libî dans ce pays.
Et combien j'ai invoqué Allah, lors du martyr inshaa Allah de notre Shaykh bien aimé Ussâmah, afin qu'Abû Yahya lui succède dans le commandement et la guidance du mouvement de la base ! Mais notre Seigneur est Maître dans Son commandement.
J'avais écrit de courts hommages lors du martyr, s'il plaît à Allah, du Shaykh Abu Mus'ab et du Shaykh Ussâmah, comment aurais-je pu déroger à la règle pour celui du Shaykh al-mujâhid Abû Yahyâ ?
Leurs morts sont des preuves vivantes du bien fondé de leurs causes, des preuves contre les mesquineries complotistes, des preuves contre les combats de bas étages des révolutionnaires de tous poils dont l'encre abonde pour gigoter des niaiseries sans jamais sacrifier une seule goutte de leur sang.
Nos modèles donnent leur sang, leurs âmes, leurs vies, leurs sciences, leurs plumes, leurs expériences, leurs amours et leurs biens pour une cause noble et grandiose dont les seuls buts sont la libération des nôtres et le retour de la législation du seul Souverain digne d'adoration.
Leurs morts renforcent les rangs, les cœurs et les volontés. La mort des hommes ne tue pas leurs convictions et leurs adeptes, bien au contraire, elle multiplie leur nombre.
La mort sous les coups des opposants est victoire et bonne annonce d'un paradis large comme les cieux et la terre. Elle est l'aboutissement d'une conviction réelle et accomplie. Elle est réjouissance et joie pour sa communauté. Elle est le retour tant espéré vers Son seigneur dans la meilleure des situations : le martyr sur Son sentier.
Je demande à Allah qu'Il fasse miséricorde au Shaykh Abû Yahyâ et le place parmi Ses rapprochés dans Ses jardins immenses !
Qu'Allah le place auprès des véridiques, des martyrs, des prophètes et des vertueux !
Qu'Allah préserve sa famille à l'arrière et soulage leurs peines !
Qu'Allah nous accorde des milliers d'autres Abû Yahyâ et nous gratifie par leurs enseignements et leurs présences à nos côtés.
Votre frère,
Abû Ismâ'îl Ibrâhîm al-Hindî.






